Lundi 2 juin 2008

Aïeouïe, je suis guettée, je sens la menace poindre, ce n'est plus un sentiment, c'est une certitude qui puise ses forces dans l'actualité de ces derniers jours. Actualité qui m'a  illico ramenée15 ans en arrière, lorsque, jeune journaliste, j'avais fui la bêtise, en général, la mort, en particulier.
Une mort qui avait failli me tomber dessus un jour d'hiver ou de printemps, je ne sais, pour apostasie, pour non-respect de la religion, pour insoumission aux règles... Bref, pour des chroniques où je reprochais à mes concitoyens d'alors de défavoriser leurs concitoyennes en appliquant sur elles des lois rétrogrades.
La pression était telle que j'ai dû me replier à l'étranger. Je suis venue ici, en France. 
Pourquoi n'ai-je pas suivi ma cousine Nora qui s'en allait, elle, à Abou-Dhabi, dans les Émirats, où sa soeur aînée lui offrait l'asile ? Nora, ma cousine donc, s'est installée aux Émirats, terre d'islam, s'il en est, en connaissance de cause : que les lois internes à ce pays s'appliqueraient sur elle si elle venait à "transgresser".
Je n'ai pas suivi Nora pour ne plus subir. Ni les textes et leurs lois, ni les mentalités et leurs lois. Je suis venue en terre laïque pour évoluer à mon rythme. En Algérie déjà je me refusais aux archaïsmes dont on croyait les motivations en voie de disparition, puisque l'indépendance, puisque l'instruction, puisque la souveraineté.
Mais non, mais non, Femme ! Tu te goures, les mentalités ont la vie dure, les textes de Dieu de même, les lois élaborées et adoptées contre vous, idem... J'ai donc fait mon balluchon et pris la tangente, encore une fois non pas aux Emirates, ni en Arabie saoudite, non plus en Iran.
Je me suis retranchée en France. En terre laïque. En connaissance de cause. Puisque j'ai pris la nationalité de ce pays, puisque je me plie aux règles de sa démocratie, puisque je me considère aujourd'hui comme une Française à part entière.
Mais voilà que 15 plus tard j'ai peur ! J'ai peur de la justice de mon pays d'accueil et de coeur.
Oui, j'ai peur de mes frères en laïcité, comme autrefois j'eus peur de mes frères en islam, ceux-là même qui m'ont poussée dans un exil devenu à la longue ma ma vraie unique maison.
J'ai peur.
J'ai peur et j'en tremble, j'ai peur et j'en rage.
Mais pourquoi ai-je si peur ? Je devrais plutôt me sentir en sécurité, vu que le mobile essentiel de ma présence ici est la sécurité.
Peut-être ai-je peur parce que ma conscience manque de tranquillité.
C'est cela, elle n'est plus tranquille, ma conscience. Elle n'est plus tranquille parce qu'elle craint pour MA non-virginité !
Bof... à 40 ans ! (voire un tout petit peu plus, mais restons coquette, de toute façon, entendu que la loi islamique fait de la femme une mineure à vie, il n'y a pas de "Bof" qui tienne.)
Et puis s'il n'y avait eu que le pucelage, la dextérité d'un chirurgien parisien spécialiste en hymen pour musulmanes en détresse m'aurait tirée d'affaire.
Il y eut plus : je suis allée "trop" loin. 
Un enfantement.
Une grossesse hors-la-loi. Hors mariage, ni civil ni religieux, oh mes aïeux !
Un enfant né du et dans le péché.
Je vais éviter ici de développer le profil du géniteur et l'identité du bel enfant, ça ne ferait que me charger davantage. Qui alors me protégera de la colère des miens ?  C'est plus de l'émancipation, c'est de l'hérésie, cette fille mérite une lapidation lui ferait le plus grand bien. Nous a salis, a sali son père, la mémoire de sa mère...
Aïe, ouïe, je les entends d'ici, ces miens, qui alerteraient la justice française, précisément, laquelle, la maligne, trouvera bien le moyen de leur donner raison comme elle s'est arrangée pour enfoncer dans l'opprobre, au lieu de l'en sortir en "admonestant" le plaignant, la jeune mariée déjà bien répudiée, déjà largement humiliée le jour de ses noces.
Mes détracteurs, me dit mon petit doigt, ne seront point déboutés...
Au secours ! Fuyons !
Mais où ?
Aux Emirates ?
Oh que non, je les laisse au plaignant-répudiateur et à ses semblables.  
Pour finir, ces propos de Kafka : Qu'ai je de commun avec les miens ? C'est à peine si j'ai quelque chose de commun avec moi-même.


P. S : Je comptais revenir à ce Blog dans la joie et la bonne humeur, mais hop, m'ont sapé le moral, la justice française, et, à sa tête, Miss Dati, qui, si je puis me permettre un conseil, sans avoir à craindre une récrimination, devrait elle aussi sinon aller sur les traces de ma cousine Nora, du moins ouvrir l'oeil sur ce qui guette une musulmane ici, en terre de laïcité. Des jeunes filles qui se donnent la mort à cause de la pression familiale,(on se souvient du récent suicide par défenestration de Myriam, 17 ans) d'autres qui s'enfuient de la maison du père, certaines qui se retrouvent dans des foyers pour femmes suite à une répudiation prononcée en Algérie, appliquée en France (en vertu des accords entre les gouvernements français et algérien, les lois algériennes s'appliquent en France). Et j'en passe, mais je promets de revenir sur ce sujet autant de fois qu'il le faudra. Allez, j'arrête ici, je vous aime.

par L-M publié dans : billets
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Mardi 8 avril 2008

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Pas vu Harar, mais les cascades du Nil bleu, pas de photos à montrer.  

par L-M
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Mercredi 13 février 2008

Ceci est un coup d'essai. De toute façon, je m'en vais faire un tour sur le Nil bleu (c'est en Ethiopie).
Quatre semaines, un séjour qui me fera certainement découvrir, en plus du Ni bleu, la ville où Rimbaud a traîné ses basques pour gagner pitance. la ville en question se nomme Harar.
A bientôt

par lou minbar
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